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La Bastille, dans la peau d’un sans-culotte

14 juillet 1789 · de la forteresse à l’Hôtel de Ville

Le pain a doublé. Le roi a renvoyé Necker et massé ses régiments autour de Paris. Ce matin, l’atelier est vide.

22 min d'écoute

Le tracé

Le tracé : La Bastille, dans la peau d’un sans-culotte

2,4 km à pied · Voir le point de départ sur une carte · © OpenStreetMap

Les étapes

  1. Avant de marcher 2:21
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    Écoute. Ce matin, Paris ne travaille pas.

    Moi je m'appelle… ça n'a pas d'importance. On dira l'ouvrier du bois. J'ai vingt-six ans, je suis compagnon menuisier — compagnon, ça veut dire que j'ai fini mon apprentissage mais que je n'aurai jamais d'atelier à moi : pour ça il faudrait payer la maîtrise, et je n'aurai jamais cette somme.

    Je loge rue de Charonne, au quatrième, une chambre que je partage avec deux autres. On dort tout habillés l'hiver. Je me lève à cinq heures, je travaille jusqu'à sept heures du soir, et mes mains sentent la colle chaude et la sciure — cette odeur-là ne part pas, même le dimanche.

    Et j'ai faim. Pas la faim de quelqu'un qui a sauté un repas : celle qui dure depuis l'hiver.

    Je te donne le chiffre, il vaut mieux qu'un discours. Un pain de quatre livres coûte quatorze sous et demi. Je gagne vingt-cinq sous par jour quand je travaille. La moitié de ma journée pour du pain — et il faut encore payer la chambre, et le bois, et les souliers.

    L'hiver dernier a été le plus froid qu'on ait vu. La Seine a gelé. Les moulins se sont arrêtés. Depuis, on fait la queue à quatre heures du matin devant les boulangeries, et il arrive qu'il n'y ait rien au bout.

    Ce matin, l'atelier est vide. Personne n'a ouvert.

    Nous sommes le 14 juillet 1789. Et je vais te dire la chose la plus importante avant qu'on parte, parce qu'on l'oublie toujours quand on raconte cette journée après coup.

    Je ne sais pas ce qui va se passer.

    Personne ne le sait. Pas moi, pas les gens dans la rue, pas le roi à Versailles, pas les soldats. Ce matin, ce n'est pas encore une date. C'est un mardi où l'on a peur et où l'on a faim.

    Ce qui va arriver aujourd'hui, aucun d'entre nous ne l'a décidé en se levant.

    Marche avec moi.

  2. Faubourg Saint-Antoine 2:17
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    Nous voici dans le Faubourg. Regarde autour de toi : cette rue-là, c'est le quartier du bois.

    Des milliers de bras. Ébénistes, menuisiers, tourneurs, tapissiers, doreurs. Le quartier le plus pauvre et le plus fier de Paris.

    Tu veux savoir ce que c'est, être moi ? Je gagne vingt-cinq sous par jour. Un pain de quatre livres — deux kilos, de quoi tenir un jour et demi — en coûte quatorze depuis ce printemps. Quatorze sur vingt-cinq. Rien que pour le pain. Il reste onze sous pour le loyer, le bois de chauffe, les chandelles, les sabots, et le vin qu'on ne boit plus.

    Avant, le pain était à huit. On vivait mal. Maintenant on ne vit plus.

    Et avant-hier, la nouvelle a couru de bouche en bouche : le roi a renvoyé Necker. Necker, c'était son ministre des finances — un banquier suisse, le seul en haut qui semblait savoir que nous existions. On l'a chassé comme on chasse un domestique.

    Alors on a compris. Le roi a fait venir ses régiments autour de Paris. Des soldats étrangers, des Suisses, des Allemands, qui ne parlent pas notre langue et n'auront pas de scrupule. Des canons braqués sur la ville. Ils ne sont pas là pour nous protéger. Ils sont là pour nous mater.

    Regarde les hommes autour de moi. Hier ils rabotaient des planches. Ce matin ils cherchent des armes.

    Et il flotte quelque chose que je n'avais jamais senti de ma vie : nous sommes plus nombreux qu'eux. Et nous n'avons plus rien à perdre.

    Alors on descend. Vers l'ouest, tout droit dans cette rue, vers la grande forteresse noire qui nous surveille depuis toujours au bout du faubourg. Quatre cents mètres. Suis-moi.

  3. Les cours d’artisans 1:17
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    Arrête-toi une seconde. Tu vois ces porches, ces passages sombres qui s'enfoncent entre les immeubles ?

    Ce sont nos cours. Derrière chacune, des dizaines d'ateliers empilés, des escaliers de bois, des cours dans les cours. Un labyrinthe.

    Ici, depuis Louis XI, on a le droit de travailler le bois sans passer par les corporations. Les corporations, ce sont les guildes de métier : elles décident qui a le droit d'exercer, elles font payer, elles ferment la porte. Dans le Faubourg, non. Ici, un homme qui sait tenir un rabot peut s'installer. C'est le privilège du Faubourg, et c'est pour ça que tout ce que le royaume compte de pauvres aux mains habiles s'entasse dans ces rues.

    Retiens ça, parce que ça explique le reste de la journée : un quartier où l'on sait tenir un outil est un quartier où l'on sait tenir une pique.

    Continue tout droit. La place est au bout, tu vois déjà la colonne.

  4. Place de la Bastille 3:45
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    La voilà. La Bastille.

    Arrête-toi. Regarde en l'air, et imagine, parce qu'il n'en reste rien.

    Huit tours rondes. Des murs de trente mètres — dix étages, si tu veux, en pierre pleine. Un fossé large comme une rue, à sec, plein d'ordures. Pas une fenêtre en bas, pas une ouverture. Depuis que je suis né, elle est là, au-dessus de nos toits, noire, muette.

    Quand on habite le faubourg, on ne la regarde pas. On vit à côté d'elle comme on vit à côté d'une falaise.

    La prison du roi. On dit qu'on y disparaît sur une simple lettre — une lettre de cachet : un ordre signé du roi, sans juge, sans procès, sans durée. On entre, et personne ne sait quand on sort.

    Mais écoute-moi bien, parce qu'on te racontera des sottises.

    Nous ne sommes pas venus libérer des prisonniers. Il n'y en a que sept là-dedans. Sept. Quatre faussaires, deux fous, et un noble enfermé par sa propre famille. Aucun héros.

    Nous sommes venus pour la poudre.

    Ce matin, nous étions des dizaines de milliers aux Invalides. On a raflé trente mille fusils dans les caves. Trente mille ! Mais pas un grain de poudre — ils l'avaient toute fait transporter ici deux jours plus tôt, derrière ces murs. Et un fusil sans poudre, c'est un bâton.

    Alors toute la ville a convergé vers la Bastille. Pas pour la liberté. Pour pouvoir se battre.

    On entre dans la cour extérieure. On attend. On négocie avec le gouverneur, de Launay, là-haut sur ses tours — il est invisible, on ne voit que des chapeaux qui bougent derrière les créneaux. Ça traîne. Une heure. Deux heures. Le soleil tape.

    Je vais te dire ce que je ressens à cet instant, et ce n'est pas glorieux : j'ai envie de partir. Je regarde ces murs, je regarde nos piques, et je pense que nous allons tous mourir dans cette cour pour rien.

    Et puis — je ne sais toujours pas qui a tiré le premier — les chaînes du pont-levis lâchent, il s'écrase dans la cour, et la fusillade éclate.

    Les nôtres tombent sur les pavés. On croit qu'on nous a piégés, qu'on nous a fait entrer pour nous massacrer à couvert. La rage remplace la peur d'un coup, comme on retourne un gant.

    Quatre-vingt-dix-huit des nôtres mourront devant cette porte. Un seul homme de la garnison.

    Et alors arrive ce que personne n'attendait : les gardes-françaises. Les soldats du roi, en habit bleu, ceux qui devaient nous tenir. Ils passent de notre côté. Avec leurs canons. Ils braquent les gueules de bronze sur la porte, à trente pas.

    À cinq heures, tout est fini. De Launay fait passer un billet, puis se rend. Le grand pont s'abaisse.

    Nous entrons dans la Bastille.

    Nous. Le peuple. Dans l'imprenable.

  5. Le quartier de l’Arsenal 1:08
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    Nous sortons de la place. Sur ta gauche, tout ce côté-là, c'est l'Arsenal.

    Attention, on se trompe souvent : l'Arsenal n'est pas un bâtiment, c'est un quartier entier. Il couvre tout l'espace entre la Bastille et le fleuve — ateliers, fonderies, magasins, jardins. C'est ici qu'on a fondu les canons du roi pendant deux siècles.

    Pendant deux siècles. Mais plus maintenant.

    La grande poudrière a sauté en 1563 : un quartier soufflé. Depuis, on a éloigné la poudre de la ville. Ce qui reste ici, ce sont des bureaux, des logements d'officiers, et une bibliothèque.

    Voilà l'Arsenal en 1789 : un nom de guerre sur un quartier devenu tranquille.

    Et c'est pour ça que ce matin, nous n'y sommes pas allés. La poudre n'est plus ici. Elle était là-bas, derrière les murs que nous venons de quitter.

    Descends vers le fleuve.

  6. Square Henri-Galli 1:32
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    Entre dans le square et cherche, sur l’herbe, un amas de gros blocs de pierre claire, disposés en arc de cercle, montant à peu près à hauteur d’homme.

    Ils sont beaucoup plus vieux, et beaucoup plus grossiers, que tout ce qu’il y a autour. Cet arc de cercle n’est pas une décoration : c’est la courbe d’une tour.

    Approche. Touche ces pierres.

    Ce sont elles. De vraies pierres de la Bastille. Des blocs de ses fondations, tirés de la terre et remontés ici.

    Parce que dès le lendemain de la prise, nous avons commencé à la détruire. Pierre par pierre. Des centaines d’hommes, moi parmi eux, à démolir la forteresse à la main, sous les yeux de tout Paris qui venait regarder. On ne voulait pas seulement la vaincre. On voulait qu’elle disparaisse. Effacer du ciel de Paris la silhouette qui nous avait fait courber le dos pendant quatre siècles.

    Un homme malin a débité les pierres en petites Bastilles miniatures, et les a vendues dans toute la France comme reliques de la liberté. Le symbole de notre peur est devenu un souvenir qu’on pose sur une cheminée.

    Pose ta main là. C’est tout ce qui reste de la plus grande peur de Paris.

  7. Sur les quais 0:53
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    Nous voilà sur le quai. La Seine est à ta gauche, et elle va nous accompagner jusqu'au bout — ne la lâche pas des yeux, c'est notre chemin.

    En face, cette longue île, c'est l'île Saint-Louis. Des hôtels particuliers, des gens qui n'ont jamais eu faim. Ce matin ils ont fermé leurs volets.

    Et là, sens ce qui se passe derrière moi. Nous étions quelques centaines en sortant du faubourg. Nous sommes maintenant des milliers. Des gens sortent des rues, des porches, des caves, et se joignent au flot sans qu'on leur demande rien.

    Nous ne sommes plus une émeute. Nous sommes une marée.

    Laisse-toi porter. Marche vers l'ouest, le fleuve à gauche.

  8. Les quais (cortège) 1:32
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    Marche. Ne t'arrête pas. Ce soir, tout Paris marche.

    Nous remontons vers l'Hôtel de Ville, et au milieu de nous il y a de Launay. Le gouverneur de la Bastille. On le traîne, blême, sans perruque, à travers les rues qu'il dominait ce matin encore depuis ses tours.

    La foule le presse, le frappe, l'injurie. Il sait ce qui l'attend.

    Moi je marche, et je ne fais rien pour l'arrêter, et je ne fais rien pour l'aider. J'ai vu tomber les nôtres devant la porte, sur les pavés de la cour. Quatre-vingt-dix-huit des nôtres. La pitié, ce soir, est restée dans le fossé de la Bastille.

    Je voudrais te dire que j'ai eu honte. Ce serait plus propre. La vérité c'est que j'ai regardé, et que j'ai continué de marcher.

    Sens l'air qui change autour de nous. Ce matin, en descendant du faubourg, nous étions une émeute affamée qu'on pouvait disperser d'une charge de cavalerie. Ce soir, nous sommes une puissance.

    La peur a changé de camp. Ce sont eux, maintenant, derrière leurs fenêtres, qui nous regardent passer et qui tremblent.

    Le fleuve à ta gauche a tout vu. Continue.

  9. Notre-Dame par-dessus l’eau 1:10
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    Lève les yeux. Là, par-dessus l'eau, cette masse grise : Notre-Dame.

    Regarde-la bien, parce que tu ne la vois pas comme moi je la vois.

    Toi, tu vois une flèche. Moi, non. La flèche du Moyen Âge était pourrie, le vent la faisait plier — on a commencé à la démonter il y a trois ans, et il n'en reste rien. En cette année 1789, Notre-Dame est une église sans flèche, deux tours carrées et un toit nu.

    Et écoute. Les cloches. Elles sonnent dans tout Paris, d'une rive à l'autre, d'un clocher à l'autre. Ce n'est pas l'heure qu'elles sonnent : c'est le tocsin, l'alarme. Elles se répondent, elles portent la nouvelle plus vite que nos pas.

    La Bastille est tombée.

    Aux fenêtres, en face, sur l'île, des visages nous regardent passer. Certains ont peur. Beaucoup, déjà, nous acclament.

    Encore trois cents mètres. Le fleuve à gauche.

  10. L’Hôtel de Ville apparaît 0:34
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    Là. Devant toi, cette grande façade : l'Hôtel de Ville. Le pouvoir de la cité — pas celui du roi, celui de Paris.

    Ralentis. Respire un coup.

    Ce bâtiment, je ne serais jamais entré dedans. Pas une fois dans ma vie. Et voilà que j'y monte, avec quatre cents autres, et que personne ne nous arrête.

    Ce n'est pas de la fierté. C'est comme quand on pousse une porte qu'on croyait fermée à clef, et qu'elle s'ouvre.

  11. Hôtel de Ville, place de Grève 2:14
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    Nous y sommes. La place de Grève.

    Ce nom, tu le connais sans le savoir. « Grève », c'est le nom d'une plage de gravier : la rive descendait ici en pente douce jusqu'à l'eau. Et c'est ici que les hommes sans travail venaient attendre qu'on les embauche, debout, toute la journée. Être en Grève, c'était être là, sans ouvrage. Le mot vous est resté, avec un sens retourné.

    C'est ici que ça se termine — et que ça commence.

    De Launay meurt sur ces marches. Je ne te décrirai pas comment. Sa tête finit au bout d'une pique, promenée dans Paris. Et avec lui tombe Flesselles, le prévôt des marchands — le chef de la ville, si tu veux — celui qui nous avait promis des armes le matin et nous avait envoyés courir après des caisses de chiffons.

    La colère du peuple ne pardonne pas les fausses promesses.

    Mais lève les yeux vers ce bâtiment. Parce que pendant qu'on règle les comptes du matin sur les marches, quelque chose de bien plus grand est en train de naître dedans.

    Une autorité nouvelle s'installe dans ces murs. La ville se donne son propre gouvernement — on l'appellera la Commune — et sa propre milice, qui deviendra la Garde nationale. Paris se gouverne lui-même. Pour la première fois depuis des siècles, on n'attend pas Versailles.

    Comprends bien ce qui a basculé en un seul jour.

    Ce matin, en quittant le faubourg, je n'étais rien. Un ouvrier du bois au ventre vide, qu'on pouvait affamer, enfermer sur une lettre signée, oublier. Ce soir, dans cette ville, on ne fait plus rien sans nous.

    La Bastille est tombée. Mais ce n'est pas une prison que nous avons prise aujourd'hui.

    C'est la peur. Nous l'avons prise, et nous ne la rendrons plus.

  12. Épilogue 2:42
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    Tu peux t'asseoir un instant. Regarde les gens traverser la place, indifférents, pressés.

    Ils marchent sur la Grève sans savoir que c'est ici que Paris a appris à ne plus baisser la tête. Que sous leurs pas tranquilles, il y a eu ce soir de juillet où un ouvrier du bois, moi, ai compris que je pesais quelque chose.

    Un mot sur le nom qu'on m'a donné.

    Sans-culotte. On ne me l'a pas dit ce jour-là — le mot n'arrivera que deux ou trois ans plus tard. La culotte, c'est le pantalon court qui s'arrête au genou, avec les bas de soie : l'habit des gens qui ne travaillent pas de leurs mains. Nous, on portait le pantalon long, celui des ouvriers et des marins. Sans culotte. C'était une moquerie. Nous en avons fait un drapeau.

    Maintenant, ce que je ne pouvais pas savoir ce soir-là, et que toi tu sais.

    Six semaines plus tard, une assemblée a écrit dix-sept articles. Le premier commence par : les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Un compagnon menuisier qui ne pourra jamais payer sa maîtrise, et le roi de France, dans la même phrase.

    Ce texte a fait le tour de la terre. On l'a traduit, recopié, imité. En 1948, quand les nations se sont réunies après une guerre effroyable pour écrire une déclaration universelle, elles sont reparties de là.

    Et cette date, le 14 juillet, est devenue la fête de ce pays. Pas la fête d'un roi, ni d'une victoire sur un voisin : la fête d'un jour où des gens qui n'avaient rien ont décidé de ne plus avoir peur.

    Je ne te dirai pas que tout a été beau ensuite. Tu as vu ce qui s'est passé cet après-midi, et tu as vu les têtes au bout des piques. Il y a eu bien pire après, et j'y étais peut-être.

    Mais je ne renie rien.

    Le 14 juillet, on te dira que c'est une prison qui est tombée. Il y avait sept prisonniers dedans, et la forteresse allait être démolie de toute façon.

    Souviens-toi que ce n'était pas la prison qui comptait. C'était nous.

    Merci d'avoir marché avec moi.

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